- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
A la lecture de plusieurs fils de discussions portant notamment sur le rôle d’assistant et les idéaux spirituels, j’ai eu envie d’ouvrir ce sujet de discussion. Ce fil n’appelle pas forcément de réponse, il s’agit d’un sujet à prendre pour ce qu’il est, un point de vue.
Je me souviens d’un fil que Valérie avait créé sur l’ancien forum pour réfléchir sur l’appellation des élèves en fonction de leur avancée. Discussion, à l’époque, déjà édifiante sur l’automatisme qu’un bon nombre d’entre nous a à vouloir établir des distinctions. Tentation de distinction toujours d’actualité à lire certains posts sur le forum et que l’on peut retrouver encore dans les stages. Il y aurait donc les élèves avancés, les débutants, les shipiden , le koki , les évolués - en oppositions sûrement aux attardés ? – Les plus libérés en oppositions aux plus enchaînés, ceux qui chauffent pendant les soins et ceux qui restent froids, ceux qui s’occupent de la tête à l’instar de ceux qui s’occupent des pieds, ceux qui ont du pouvoir et ceux qui n’en n’on pas, ceux qui maîtrisent bien certains outils et ceux qui n’y arrivent pas, ceux qui donnent de bonnes réponses aux questions posées et ceux qui se vautrent lamentablement, les assistants, les écoutants….etc..etc…etc..
La plus étonnante que j’ai pu entendre étant qu’il y aurait « les chercheurs » - de quoi ? Je me le demande encore, probablement de spiritualité ?...- et puis les autres, "ceux qui ont des problèmes". A l’époque, je me souviens avoir été choquée par cette distinction où clairement la seconde catégorie était celle que l’on pourrait désigner comme les imbéciles qui – en référence à un certain proverbe chinois - regardent le doigt du maître plutôt que la lune qu'il désigne. Catégorie à la quelle je me suis sentie clairement assimilée tant mes petits problèmes me paraissaient communs.
Néanmoins, l’imbécile que j’étais à l’époque, estimait, elle, de son point de vue qu’il avait juste des élèves nouveaux et des anciens. « Anciens » se mesurant au nombre d’année depuis le premier stage suivi et rien de plus. Parce que dans le DP comme dans le système scolaire, on peut très bien arriver en sixième sans savoir lire. La comparaison s’arrête là ; parce qu’il n’y pas de diplôme à recevoir, il n’y a pas un niveau d’étude supérieur à atteindre, pas plus qu’il y aurait un état de béatitude parfaite tel une bulle dans laquelle nous pourrions vivre suspendus en dehors des tracas du quotidien que nous n’aurions plus qu’à observer avec la hauteur et la distance de la sagesse acquise.
Il y a juste un chemin. Notre vie. Sur ce chemin, nous rencontrons des personnes avec chacune des préoccupations qui leurs sont propres, essentielles et singulières même si elles sont partagées par le plus grand nombre.
D’autre part, ce n’est pas parce qu’elles ont parcouru un mètre ou des milliers de kilomètres qu’elles ne risquent plus d’avoir des ampoule aux pieds, ou une entorse, ou de trébucher sur un caillou et de se fracturer la jambe, ou de se tromper de direction, ou de manquer de nourriture pour poursuivre…etc…etc.
Sur ce chemin, l’essentiel n’est pas de savoir où nous nous plaçons par rapport aux autres - il n’y a pas de ligne d’arrivée à franchir - mais juste où nous nous plaçons par rapport à notre propre vie. Avons-nous la sensation de l’occuper pleinement et d’en avoir la parfaite maîtrise –ce qui n’a rien à voir avec le contrôle- ou de la subir ? Sentons-nous pleinement chacun de nos pas poser sur cette terre. Pour moi, la spiritualité est partout, dans la moindre de mes préoccupations quelles qu’elles soient, dans la moindre des fonctions de mon corps, de la plus nobles à celle dite la plus vulgaire. Elle est dans la fleurs qui éclos mais aussi dans le gaz et l’odeur produits par nos intestins lorsque vaillamment ils absorbent les nutriments nécessaires à notre corps pour vivre. La spiritualité, elle est dans ce que nous faisons chaque jour mais surtout dans la manière avec laquelle nous décidons de le faire.
Je trouve que repréciser qu’être assistant fait parti de l’enseignement et qu’il ne s’agit pas d’une distinction particulière ou d’une ascension dans une hiérarchie factice des élèves où certains seraient plus près de la vérité [ou de je ne sais quoi] que d’autres, est une bonne chose. Un rappel nécessaire pour ne pas céder une nouvelle fois à la tentation automatique de catégoriser. Tentation dont le seul résultat est d’alimenter notre programme avec son lot de croyances et de peurs, de rendre notre soif d’amour plus inextinguible encore, et d’enfermer à leur insu, ceux sur lesquels nous projetons, dans des rôle où les béotiens du DP aurait encore le droit à l'erreur tandis que les aguerris seraient condamnés à ne plus en faire, privés même du droit d'en parler, empêchés ainsi d'avancer sur leur propre chemin
Tendres bises.